Musique

« Impermanence », nouvel album de Lioness Shape

Lioness Shape est un trio, composé de Manon Chevalier, chanteuse et compositrice, d’Ophélie Luminati à la batterie, de Maya Cros et Fender Rhodes aux claviers. Le nouvel album, «  Impermanence » , est sorti le 7 mai 2021, sous le label Laborie Jazz.

Leur musique est qualifiée d’indie pop jazz et jazz du monde, Lioness Shape offre un panel de sons différents dans un univers particulier et singulier.

Manon Chevalier trouve dans le chant un moyen d’expression, elle y concentre toute son énergie et s’intéresse à différentes techniques : chœur Gospel, chorales classiques et chœurs jazz.

Certains titres de l’album évoquent la force des femmes dans ce monde oppressant et leur accomplissement. Il est question aussi de leur puissance, de son application dans tous les domaines, dont les arts. « Somos tantas », « Self-reliance »…

©Manon Chevalier; photo Jean-Baptiste Millot

Interview : Manon Chevalier

-Quand vous êtes-vous pleinement lancée dans la musique ? Et comment avez-vous formé ce trio ?

MC : J’ai commencé la musique enfant, j’avais à peine quatre ans. J’ai suivi des cours de piano classique au Conservatoire. Le chant était présent aussi. Je l’ai choisi plus tard pour m’exprimer naturellement.

En 2015, j’ai repris une formation de professionnalisation en musique actuelle, « Music’halle », à Toulouse, avant de me lancer pleinement dans la composition. A la suite de cette formation, j’ai commencé plusieurs projets, dont un duo avec un guitariste et le trio Lioness Shape en parallèle.

J’avais tout un répertoire de compositions et des maquettes. J’ai eu envie d’aller jusqu’au bout et de les rendre vivantes. J’ai donc commencé à les jouer avec deux amis qui étaient dans ma formation musicale, avec un percussionniste et un claviériste. Cependant, j’ai voulu ensuite m’entourer de femmes et remplacer les percussions par la batterie. J’ai créé Lioness Shape, avec qui je joue aujourd’hui. Maya et Ophélie m’ont rejoint sur ce projet. Suite à l’enregistrement du premier titre en 2018, nous avons poursuivi l’aventure, avec l’album et les tournées.

 – Votre musique appartient au genre jazz, que représente-t-il pour vous ? Quelles sont vos influences?

MC : Je ne peux pas affirmer que la musique que l’on propose est ancrée dans le jazz bien que nous en soyons un trio assez représentatif. J’ai une formation de musicologie. Comme toute musicienne, je m’interroge. Le jazz n’a jamais été vraiment défini, personne ne donne la définition exacte. Aujourd’hui, nous avons de nombreuses influences, avec un accès incroyable à toutes les musiques. Il est difficile de se catégoriser dans un seul style.

Je viens d’un monde musical plutôt pop et rock. J’ai écouté énormément Radiohead, un de mes groupes fétiches. Le monde électronique fait partie de mon expérience, avec la découverte des raves et celle, assez tardive du jazz, en musicologie. Billie Holiday me fascine ainsi que bien d’autres musiciens. Aujourd’hui, la musique que je propose n’est pas seulement jazz. Elle passe par beaucoup d’états et d’influences. Dans les live, il y a une partie instrumentale qui donne lieu à des improvisations, à des temps libres et des ouvertures.

©Photo: Jean-Baptiste Millot/ Manon Chevalier, Ophélie Luminati, Maya Cros


– « Impermanence » est votre nouvel album, comment l’avez-vous construit? In comme imper, pourquoi ce titre évocateur? En quoi le caractérise-t-il?

MC : Cet album n’a pas été pensé comme une construction. J’ai écrit une dizaine de compositions à une période de ma vie très mouvementée, durant environ quatre années. Mes compositions parlent d’évènements que j’ai eus besoin et envie d’exprimer à travers la musique, de façon naturelle et spontanée. A la fin, j’ai eu l’impression de terminer un cycle. J’ai une cette sensation d’avoir tout exprimé. Aujourd’hui, je suis rentrée dans une autre étape de vie. Avec ces dix compositions, une page se tourne. Le prochain sera différent.

Le titre « Impermanence » n’a pas de rapport avec quelque chose de sacré. J’avais ce nom en tête depuis les premières compositions. Cette période correspond pour moi à une phase de méditation. Je reprends ainsi le thème de l’impermanence, comme pour exprimer un détachement, un retour sur soi. Ces compositions sont des phases de vie qui sont passées. Le côté spirituel, pour cet album m’importait beaucoup. J’ai cherché à exprimer le passé les bons et mauvais moments pour me libérer et repartir sur de nouveaux chemins. Une réelle méditation.

J’ai composé tous les morceaux avec un looper, une machine qui permet d’enregistrer des boucles, des couches sonores et de les superposer.  On peut créer des harmonies et j’ai pu réaliser des maquettes spontanées.  Je pars très souvent de l’improvisation. Tous les arrangements se font ensemble, en trio.


– Au delà de la musique ou plutôt à travers la musique vous vous adressez aux femmes. Quel message souhaitez-vous faire passer?

MC : Etrangement, il est dit que l’album est dédié aux femmes. Ce n’est pas le cas. « Somos tantas », premier titre de l’album est réellement dédié aux femmes. Il porte un message de courage et d’espoir. Mais, le reste de l’album est un hommage à la ville de Cadaques, en Espagne, là où je vis aujourd’hui. Elle est ma principale source d’inspiration. L’album ne porte pas de message aux femmes directement mais j’espère que l’on pourra donner à d’autres femmes ou petites filles, une sensation de légitimité, de droit à la scène, une occasion de s’identifier, peu importe l’instrument ou la pratique artistique qu’elles y exercent. Nous même avons vu beaucoup moins de femmes que d’hommes sur scène. On a vu très peu de femmes sur scène. Les morceaux les plus personnels parlent effectivement d’expériences personnelles, forcément conditionnées par ce que je suis. Certaines pourront s’y reconnaitre. Notre message musical est plus poétique que politique.

-Quels sont vos projets ?

MC : Cette année a été marquée par la crise sanitaire. Nous avons seulement une date de prévue. Les concerts à venir seront pour plus tard. Nous présenterons deux nouveaux morceaux sur scène.

Je commence aussi une nouvelle collaboration avec un groupe différent. Je travaille sur ce nouveau projet, voix guitare, plus expérimental.

©Photo: Jean-Baptiste Millot / Manon Chevalier, Ophélie Luminati, Maya Cros

« Impermanence« 

Lioness Shape

Manon Chevalier,

Maya Cros : Claviers, Fender Rhodes
Ophélie Luminati : Batterie

Sorti le 7 mai 2021

Label Laborie

www.lionessshape.com

www.laboriejazz.fr

Vidéo de: « Self reliance »

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