Musique

« Langue de bois », le duo Didier Sustrac-Princess Erika, single extrait de l’album « Marcher derrière »

Auteur, compositeur, interprète et auteur d’ouvrages pour la jeunesse et de romans français, la musique est pour Didier Sustrac un exutoire. Bossa nova et guitare folk, il signe aujourd’hui son huitième album  » Marcher derrière ». Princess Erika fait partie de l’aventure pour le single « Langue de bois » où ils chantent en duo. Le nouvel album compilation est sorti le 21 mars 2021, chez Balandras Editions, EPM, Universal.

 La musique est un voyage, Didier relate ses expériences. Sur un rythme de bossa, avec des accords de guitare, les mots résonnent, les émotions sont là. 

Il commence la musique au Brésil, en solitaire et s’inspire des traditions. En France, il en fait son domaine. Sept albums à son actif dont , « Ostende Bossa », « Zanzibar », « Je chante un air » …

Dans les années 90, il se lance dans de nombreux duos avec les artistes Pierre Barouh, Chico Buarque et Claude Nougaro.

Il s’imprègne de la musique brésilienne, de la bossa.

Le single « Langue de bois » est  tiré de l’album « Marcher derrière ». Un duo exceptionnel avec Princess Erika, auteur du titre mythique entrainant « Trop de bla bla  » et la joyeuse saudade de Didier Sustrac.

« Marcher derrière » est une révélation, une image, une réflexion que l’on a plaisir à écouter. 

Interview: Didier Sustrac

-Comment la musique est-elle entrée dans votre vie ? Vos débuts ?

DS : Dernier d’une fratrie, mon grand frère et ma grande soeur écoutaient, en mai 68, alors que j’avais tout juste huit ans, du rock qui venait d’Angleterre ou des États Unis. J’ai une culture musicale rock et variété française

Avec mes parents, j’écoutais Jeanne Moreau, Brassens, Brel…ma culture est très large. Il y avait tout le temps de la musique à la maison. Un jour, mes parents ont rapporté une guitare, au départ pour eux. Finalement, j’ai été le premier et le seul à m’en servir. Je devais avoir dix ans. J’ai donc commencé à jouer et à apprendre seul. Mon histoire a commencé ainsi.

-Vous voyagez énormément, en quoi votre expérience au Brésil a-t-elle changé votre style musical ? En quoi la bossa vous a-t-elle subjugué ? Une influence sur vos nombreux albums créés de « Zanzibar » à « Marcher derrière » ?

DS : Autodidacte, j’ai commencé à jouer de la guitare très tôt. C’était vraiment un stylo pour écrire plus que pour interpréter. J’ai commencé à écrire des textes avant même de voyager. A l’époque mon écriture était plus folk. J’écoutais Neil Young, Cat Stevens. Je jouais d’une six cordes folk cordes acier. Puis, j’écoutais Reggiani et Pierre Barouh, « Un homme et une femme ». 

Ce dernier m’a beaucoup influencé. J’ai fait un premier voyage lorsque j’avais 18 ans au Venezuela, aux Antilles vénézuéliennes. Je suis revenu en voilier en traversant l’Atlantique. Durant ce voyage de retour, je me suis arrêté à Madrid où j’ai entendu le premier disque de bossa qui m’a émerveillé: Stan Getz, Joao Gilberto et Astrud Gilberto. A peine arrivé en France, je suis reparti pour le Brésil en passant par l’Amazonie, en bâteau. J’y ai rencontré un marin qui m’a vraiment convaincu de la beauté de la bossa, en prenant ma guitare et en jouant. Lorsque je suis arrivé à Rio, je me suis procuré une guitare nylon. La musique est une histoire de vibrations. Je me suis senti en adéquation avec cette vibration-là. Le folk a été balayé par la bossa nova. Je me suis attaché à cette expression. Après quelques années au Brésil, j’ai eu ce dilemme de la langue. Je suis rentré en France par hasard pour finalement y rester. Claude Nougaro m’avait dit « notre langue c’est notre patrie ». Il avait raison. À ce moment-là, j’ai vraiment commencé à travailler et à écrire des chansons en français sur de la musique que j’avais retrouvée. 

Effectivement, la musique est bien de la bossa. Ce rythme me va bien. Je joue aussi toutes les influences que l’on trouve dans la musique des îles, créole, tropical, samba…Je suis sous l’équateur tropique sud. Saudade, ce mot portugais décrit une nostalgie heureuse que l’on retrouve au Cap Vert, au Brésil. Le blues antillais transporte quelque chose de plus lumineux. 

– Poésie, romantisme, fragilité. Ces mots reflètent-t-ils bien votre musique ? Où trouvez-vous l’inspiration ?

DS : Culturellement, je viens du texte français. Je me réfère à Claude Nougaro, Jacques Brel, Alain Souchon, Bashung ou encore Michel Berger. Il y a une tradition dans l’écriture française. Je suis rentré dans cette culture à bras ouvert, je me suis même identifié à elle lorsque j’étais au Brésil. On y trouve une poésie qui me touche beaucoup. Je recherche dans mes textes quelque chose qui n’existe pas en France. Dorival Caymmi est un poète brésilien que j’adore. J’y retrouve la naïveté, la simplicité des mots tout en ayant beaucoup de sens. Les premiers spectacles de cabaret sortaient, avant même Londres, à Rio. Dans la chanson française, on retrouve une grande influence du Brésil. Le brésilien s’est ensuite imposé. La chanson brésilienne a cette façon unique d’évoquer avec simplicité, naïveté, la lamentation, l’amour. Ce qui donne souvent le refrain brésilien. J’essaye de trouver cela dans mes chansons, d’avoir un couplet complexe avec du sens et d’avoir un refrain très simple.

 « Marcher derrière » en est l’exemple même. On retrouve à la fois le sens complexe de l’image et la simplicité des mots. Le texte est à double sens. Marcher derrière signifie prendre le temps de la réflexion.

– De Nougaro à Pierre Barouh, vous rencontrez de nombreux artistes. Selon vous qu’apportent les duos aux titres que vous présentez ? Est-ce un moment particulier ? Quelles sont vos émotions à ce moment-là ?

DS : Nous faisons un métier de solitaire. Dans l’écriture nous sommes seuls. Mais le musicien au contraire de l’écrivain se déplace, il se produit sur scène. Je passe la moitié de mon temps enfermé dans des studios ou dans des pièces pour écrire. Le désir de partager avec le public et d’autres artistes à un moment donné est très fort. La vie est l’art des rencontres, comme disait un grand auteur brésilien. Un artiste a besoin des autres. On se nourrit des rencontres. Lorsque l’on s’entend bien avec un artiste nous créons des duos. J’ai fait mon premier duo avec Chico Buarque, un maître pour moi. J’ai eu la chance ensuite de faire un duo avec Claude Nougaro, sur le titre « Cogne ». Aujourd’hui avec Princess Erika pour « Langue de bois ». Ce sont des moments de partage incroyables.  On ouvre ses secrets à un autre artiste, avec beaucoup de respect et de pudeur. Dans l’art de chanter, nous nous retrouvons tous sans protection.

– Avec le titre « Langue de bois » tiré de votre dernier album, vous partagez la scène avec Princess Erika, quelle a été votre rencontre ?

DS : Avec Princess Erika, nous nous sommes rencontrés lors de promos, de concerts, dans les années 90. Je la retrouve trente ans après. C’est merveilleux. Nous nous sommes connus lors de nos premières scènes, nos premiers succès. Il y avait à l’époque avec nous Bruno Maman, Zazie, Pascal Obispo. Chacun a fait ensuite son chemin. Princess fait partie de ma famille musicale. Pour que le titre « Langue de bois » fonctionne bien, j’avais besoin de quelqu’un qui ne pratique pas la langue de bois, comme Princess Erika. Elle a un franc-parler. Cela a du sens. Commencer le titre avec « Trop de bla bla… » comme son titre à l’époque était drôle.

©Didier Sustrac, Princess Erika

– A travers la musique, avec l’album « Marcher derrière » souhaitez-vous faire passer un message  ?

DS : Je me suis souvent posé la question. Pourquoi faire de la musique ? C’est une thérapie. A travers mes chansons, j’essaye de faire du bien à moi-même et aux autres. Souvent, un mot ou une phrase me font écrire. On y trouve un sens le jour même, sur le moment. Lorsque je travaille ensuite en profondeur le texte, je vois toutes les allitérations, toutes les images. Je sculpte une idée avec les mots. Je suis aujourd’hui à mon huitième album. Je trouve un fil rouge, un sens à tout ce que j’ai évoqué. Mes questions sont toujours les mêmes, comment apprendre à s’aimer ? à aimer l’autre ? Nous n’inventons rien. Tout ce qui m’importe aujourd’hui est de jouer. Je marche à mon rythme. Dans le monde actuel, tout doit aller très vite, on est impatient. Les gens ont peur du vide. Plus le temps avance, plus j’aime le vide. Thème peut-être d’un futur album.

« Marcher derrière »

Didier Sustrac

Sortie de l’album compilation le 21 mars 2021

Chez Balantras, EPM, Universal

Avec le single « Langue de bois », duo Princess Erika-Didier Sustrac

©Didier Sustrac, Princess Erika

Clip-vidéo: réalisé par Sylvain Pierrel, tourné au Théâtre de l’ADAGIO à Thionville
Sorti du clip-vidéo le 19 février 2021

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Site officiel:

http://www.sustrac.com

@didiersustrac

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