Culture peinture

« Les couleurs du blanc », exposition picturale d’Anne Slacik, à la galerie Papiers d’Art

thumbnail_!cid_image001_jpg@01D62ED4

Anne Slacik, peintre de l’abstrait donne toute son importance aux couleurs et à la lumière. La peinture est une respiration. « Les couleurs du blanc » est une série qui regroupe des œuvres de 2009 à 2020, exposée à la galerie Papiers d’Art, à Paris, du 28 mai au 20 juin 2020.

Cette période de crise sanitaire a restreint nos habitudes, nos sorties et les événements culturels sont envisagés différemment jusqu’à nouvel ordre. Ainsi, l’exposition est disponible sur le site de la galerie. Des rendez-vous privés sont possibles.

Anne Slacik a un vrai rapport avec la peinture. J’entends un rituel, une façon de penser, de regarder et de l’envisager. Elle laisse libre cours à son imagination avant de se lancer et s’émerveille chaque jour en regardant le canal Saint-Denis. Son inspiration se trouve dans les choses simples, des paysages. Une envie de fleurs peut devenir le sujet de sa prochaine création.

thumbnail_Blanc 4 76x56 cm 2019
@Blanc 4 , 2019, 76×56 cm, huile et pigment sur papier Velin d’Arches, Anne Slacik

L’huile et le pigment sur papier sont ses principaux outils. Sa technique s’attache à rendre la couleur véritable, contrastée.

Anne Slacik a commencé son apprentissage à l’université de Provence. Après son agrégation, et quelques années d’enseignement, elle poursuit en mettant en pratique et se lance pleinement dans la peinture.

De nombreuses collaborations à son actif, Anne illustre différents livres d’artistes, livres illustrés et livres peints. « Le Soleil lu à la radio », Francis Ponge, (1996) ; « Aveuglement, peinture », André du Bouchet ; (2009), « Le nénuphar blanc », Stéphane Mallarmé, (2011) ; « Marine », de Paul Verlaine (2016).

De 1989 à 2008, elle a réalisé des petits livres à 16 exemplaires, une collection de 130 livres manuscrits peints, et de poésie contemporaine française.

Elle côtoie des musiciens et s’imprègne de musique. Elle travaille avec des auteurs tels que Bernard Noël, Michel Butor, Kenneth White, Bernard Chambaz.

De nombreux ouvrages témoignent de sa technique et de son talent :

Couleur et Volume (2000), Roman de la fluidité (1998), publié chez Fata Morgana et chez POL, Le Sentir Voir (2012), poètes, écrivains ou critiques contribuent à la bibliographie : Jacques Demarcq, Vincent Gille, Bernard Chambaz, Maurice Benhamou.

Exposition collective à Paris, en septembre 2019, à la galerie Convergences, autour du « Bleu », dans le cadre d’Art’n Box.

thumbnail_DSC_0477
@Anne Slacik, Atelier

Interview, Anne Slacik

-Comment avez-vous commencé la peinture ?

AS : J’ai une expérience de presque trente ans de peinture. Je viens d’un milieu où la peinture n’est pas un métier. J’ai fait mes études à l’université de Provence, puis à Paris où j’ai passé une agrégation en Arts plastiques. J’ai enseigné une dizaine d’années. Puis dans les années 90, j’ai tout arrêté pour me consacrer à la peinture. La peinture est au centre de ma vie. J’en vis depuis trente ans. Du point de vu professionnel, je me suis totalement engagée. Mon parcours est assez atypique car je n’ai pas fait les Beaux-arts, mais plus un apprentissage théorique littéraire et universitaire.

 

-La couleur et la lumière caractérisent vos œuvres. Quelle importance y accordez-vous ?

AS : La couleur est une respiration. Aucun noir dans mon travail. Même si l’œuvre noire de Soulages est lumineuse, je vois les choses avec la couleur. Par contre, je mélange peu de couleurs sur une toile. On y trouve des pourpres, des orangés, des rouges, des bleus, rarement sur un même espace peint. Mon travail est un rituel. Après avoir pensé à une couleur, je me dirige vers mon atelier, au bord du canal de Saint-Denis, je regarde et je fais le choix de mes couleurs. Je travaille avec des pigments que je broie. J’utilise les pigments avec un liant acrylique pour les livres et l’huile de lin diluée avec beaucoup d’essence pour mes toiles. La matière est liquide, je dépose des couches jour après jour sur lesquelles je reviens. La lumière et la couleur sont vraiment les caractéristiques de mon travail.

 

-Comment définiriez-vous votre genre pictural ? Quelle est votre technique ?

AS : Je définirais ma peinture comme de la peinture abstraite. Marc Rothko disait de sa peinture : « La question n’est pas d’être figuratif ou abstrait, la question est d’écarter les bras et de respirer. ». La peinture est une respiration. Elle s’incarne sur un support, la toile ou le papier, résultat d’un certain nombre de gestes picturaux, d’une épaisseur et d’une condensation. Il y a quelque chose de charnel dans la peinture. Elle reste pourtant impalpable. Je travaille par envie. Pendant le confinement, j’ai peint des pivoines et des roses, inspirée par ces fleurs. Techniquement, je travaille à partir de pigments, broyés avec de l’huile de lin, dilués avec beaucoup d’essence. J’aime travailler avec l’huile car les couleurs sont pures, la matière reste longtemps vivante au contraire de l’acrylique, une matière qui sèche rapidement. Avec l’essence de térébenthine, la matière bouge et me permet de retravailler quelques jours après.

 

-Après la série « Bleu », « Les couleurs du blanc ». Un titre évocateur. Y-aurait-il des nuances de blanc ? Un message caché ? En quoi le blanc est-il révélateur ? Comment le spectateur peut y voir des couleurs ?

AS : L’été dernier, j’ai travaillé à partir d’un texte de Claudine Bohi, poète. Je devais illustrer un de ses livres, « L’enfant de neige ». Sept de mes grands papiers sont reproduits dans cet ouvrage. Il est publié aux Editions L’Herbe qui tremble. Il sera disponible à la galerie Papiers d’art. Elle évoque la qualité des blancs. J’ai donc fait une série de papiers pour ce livre là. Le titre « Les couleurs du blanc » est venu naturellement après cette série là qui a été faite pour cette exposition. Il ne s’agit pas de blanc monochrome, le blanc arrive sur la peinture, avec des huiles, la matité de poudres de marbre, des mouvements d’eau de blanc.

 

– Association, similitude ou retranchement, qu’apportent le texte et la musique à vos œuvres ?

AS : Selon les moments. Mes enfants ont fait beaucoup de musique et j’ai toujours baigné dans les sons. Parallèlement, j’ai travaillé avec des compositeurs, certaines de leurs œuvres ont accompagné mon travail. Certains ont même créé des œuvres à partir de mon travail. La musique est importante pour moi. Je crois beaucoup au croisement des œuvres. A l’occasion d’expositions dans des lieux institutionnels comme le Musée Mallarmé à Vulaines sur Seine, le musée Rimbaud de Charleville Mézières ou encore la Bibliothèque Forney à Paris, lieux qui ont organisé des expositions de mon travail, des concerts ont pu être organisés et ont permis ces moments magiques : écouter un moment musical et regarder une œuvre. Le spectateur prend le temps de regarder. Bernard Noël a écrit pour moi dans « Le roman de la fluidité » : « voir est si facile, on en oublie qu’il s’agit d’un acte». Regarder la peinture est un travail. Ecouter un moment musical en regardant une œuvre nous permet d’avancer. La musique, à l’intérieur de la création, me porte.

 

-Comment avez-vu vécu ce moment de confinement dû à la crise sanitaire ? cela-a-t-il favorisé des moments plus soutenus de création ?

AS : Cette période a été assez difficile car il a fallu s’arracher à un moment de désespoir. Il a fallu abandonner des projets, des expositions, annuler, décaler avec l’incertitude devant nous. Nous avons été privés de liberté et nous n’avons pas l’habitude. Les peintres sont dans un travail solitaire à l’atelier et la peinture peut continuer si toutefois la charge mentale liée au confinement, à la privation de liberté n’est pas trop forte. J’en ai donc profité pour me reconstruire et travailler sur une nouvelle série de pivoines, de fleurs, de roses. Mon atelier est à côté de la maison, je m’y suis donc rendue sans difficulté, chaque jour. J’ai trouvé l’énergie de me remettre au travail et de créer une nouvelle série. La peinture est ma respiration. Elle n’est pas un état d’âme, elle est essentielle.

thumbnail_Blanc 2 76x56 cm 2019
@Blanc 5, 2019, 76×56 cm, huile et pigment sur papier Velin d’Arches, Anne Slacik

« Les couleurs du blanc »

Anne Slacik

Peintures 2009, 2020,

Exposition à la galerie Papiers d’Art,

Yuri Lévy

30 rue Pastourelle, 75003 Paris

Du 28 mai au 20 juin 2020

Ouverture de la galerie, du mardi au samedi, de 12h à 19h

 

Le livre, « L’enfant de neige », de Claudine Bohi, édition L’herbe qui tremble, à l’origine de cette exposition,  est disponible à la galerie Papiers d’Art.

 

Catalogue numérique avec un texte de Jean-Gabriel Cosculluela

(à recevoir sur votre adresse email)

contact@papiersdart.com

Tél :0143487828

 

Livres peints présentés à la librairie Artbiblio, Paris

 

www.anneslacik.com

www.galeriepapiersdart.com

 

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :