Mode

La créativité et l’élégance de la maison de Couture Farhad Re

@Look-book, collection SS20, Farhad Re

Farhad Re, styliste italo-perse, trouve sa direction dans la Couture et développe aussi une ligne de maroquinerie et de souliers. Il a commencé en 2007, à l’étranger avec des collections remarquées, puis en France avec une première collection de vêtements Couture, automne-hiver, présentée en septembre 2019, à l’ambassade d’Italie, à Paris.

Aujourd’hui, remarqué avec les créations des robes papillons de sa dernière collection Couture, printemps-été 2020, il dévoile son originalité, sa modernité et son savoir-faire.

Farhad Re a fait son choix : l’élégance, la qualité. Il trouve des similitudes dans la mode et dans l’art : le raffinement, le langage et la valeur.

Il fait ses débuts de styliste en France et côtoie de nombreuses personnalités qu’il habille comme Ivana Trump, Joan Collins, Brigitte Nielsen, Ursula Andress.

Il crée différentes collections dont des accessoires et des vêtements. Le choix des matières reflète son idée de la beauté et de la mise en valeur : soie, organza, dentelle, fourrure, satin et broderie.

A la fois innovant, avec un esprit de modernité, il s’imprègne de la vie, de ce qu’il voit. Le résultat est surprenant, le vêtement devient objet d’art. Il se développe dans le monde entier et principalement au Moyen-Orient où des boutiques ont été ouvertes, ainsi qu’en France et en Italie.

Les créations sont singulières, mêlant baroque, punk et romantisme. Son domaine premier, l’architecture, se reflète dans les modèles qu’il crée. Les robes sont sculpturales. L’image de la femme est une femme élégante, raffinée, qui aime l’originalité.

Farhad Re se nourrit de sa culture et de l’art. Les robes papillons, de la collection printemps-été 2020, sont peut-être le signe de changement. La mode peut-elle changer comme les papillons en cette période de crise sanitaire et de remise en question ?

La Couture mais pas seulement : le couturier n’hésite pas à s’orienter vers de nouvelles idées et présentera prochainement une première collection de prêt-à-porter.

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@Totem fashion, Farhad Re, défilé FW1920

Interview, Farhad Re (designer)

– Quelle a été votre première expérience avec le style, la création de vêtements ?

FR : Mon chemin est assez particulier car j’ai commencé par étudier l’architecture. De l’architecture, je suis passé au théâtre d’opéra où j’ai travaillé pendant près de cinq ans, dans les décors et les costumes. J’évoluais dans ce milieu spectaculaire : la scène, les lumières, les costumes magnifiques. J’habillais les chanteuses qui portaient des robes de toute beauté, très détaillées. Cela m’a étonné lorsque j’étais au Japon avec Zeffirelli, metteur-en-scène d’opéra, pour un évènement. La chanteuse a trouvé son costume tellement beau qu’elle en a profité pour faire des photos pour son book. Elle m’interrogea sur ce costume. A l’époque, je n’avais pas encore créé de collection. L’idée m’est venue et, surtout l’envie, de créer de belles robes. Je me suis lancé, en passant du monde du théâtre au monde de la mode, sans m’en rendre compte. L’opéra m’a toujours passionné, il y a toujours un message final, un message important de vie.

– Elégance, beauté, originalité sont les principales caractéristiques de vos créations. Qu’apporte la Couture à la différence du prêt-à-porter et pourquoi l’avoir choisie ?

FR : Le prêt-à-porter touche une majorité de gens. Nous portons au quotidien des vêtements. Ce qui ne m’empêche pas de m’y intéresser. Je viens de terminer, pendant le confinement, ma première ligne de prêt-à- porter.

La haute-couture est réservée à une élite. Les pièces sont rares et se rapprochent du spectacle, de l’art. Lorsque je travaille, j’ai besoin d’émotion. Mes collections ont un côté artistique mais aussi architectural, de construction. Pour certaines robes, un couturier peut travailler plus de trois mois. Là, se situe la différence et l’image de la marque.

J’ai réalisé trois ou quatre collections avec des défilés. A un moment, je n’en ai pas fait. Je ne fais pas de robes pour faire des robes. Elles doivent raconter une histoire, surtout dans la haute-couture qui est une poésie.

Je suis heureux de la réaction des gens sur ma dernière collection, les robes papillons. Je reçois des messages tous les jours. C’est une grande satisfaction. Je m’imprègne de l’art contemporain. J’ai une grande collection. Pour décrypter un tableau d’art contemporain, on doit connaitre l’histoire, le parcours et comprendre le message final. Le principe est le même dans la mode, toucher les gens. Les collections couture doivent avoir un message final.

– Imaginez-vous des histoires lorsque vous créez vos collections ? Comment procédez-vous ?

FR : Pour toutes mes collections, je n’ai jamais cherché à programmer. J’ai trouvé l’inspiration lorsque j’étais en voyage. Je suis plus libre et détendu lorsque je ne suis pas dans un contexte de travail. La collection printemps-été 2020 a une histoire assez drôle. J’étais dans un avion, au dessus des nuages, je regardais par le hublot. Un monde incroyable où la pollution n’appairait plus, où le blanc prédomine. L’idée du papillon m’est venue, d’un oiseau qui vole, beau, changeant. Immédiatement, j’ai dessiné des croquis. Voilà comment la collection est née. Le papillon n’est pas un détail, il est géant. Il fait la robe. La femme est le papillon.

Dans l’atelier, nous avons ensuite étudié les couleurs, les mesures. J’ai voulu quelque chose d’unique, non des papillons imprimés. Nous avons commencé par les dessiner sur le papier, avant de faire des patronages en papier sur les mannequins. Tous les papillons ont été peints sur les différentes robes, puis nous sommes passés à la broderie, un travail minutieux et long. J’ai contrôlé ce travail passage par passage et jour après jour. Les détails et les étapes sont très importants.

– Princesses, stars, femmes, modèles, vous avez côtoyé et habillé de nombreuses personnalités, qu’en retenez-vous ? Cela influence-t-il vos créations ? Influences culturelles ?

FR : J’ai une culture persane de part ma mère. Je suis né et j’ai vécu en Italie. Ce mixte culturel inconscient est important. J’ai développé différentes idées par ce mélange, l’art qui m’entoure, cette diversité.

Un personnage ne peut pas représenter une marque complètement. L’esprit de chacune évolue et change.

J’ai habillé des femmes comme Catherine Deneuve, la princesse Soraya, Joan Collins, des stars hollywoodiennes.

L’esprit de mes dernières collections est plus révolutionnaire, moderne, plus futuriste. Je pense aujourd’hui à habiller quelqu’un comme Lady Gaga. J’ai besoin de ce côté révolutionnaire. Elle en est l’emblème.

@Look-book, automne-hiver 2019/2020

– Le support numérique, à l’heure d’aujourd’hui, est-il d’une importance capitale pour la mode ? J’entends, défilé en ligne, ventes en ligne, collection disponible…

FR : Je trouve positif que la mode change et surtout la loi du marché des grandes marques. Le côté créatif ne peut pas être commandé par des chiffres. Dans la création, on a besoin de liberté. Etre rythmé par des saisons, par des chiffres, peut être problématique. Le temps est essentiel. Pendant la période de confinement, j’ai travaillé sur la première collection de prêt-à-porter, qui sera présentée en septembre, et parallèlement sur les prochaines collections couture. Mais l’inspiration m’est venue soudainement.

L’organisation très rigide de la mode avec quatre ou six défilés par an, quatre collections, s’essouffle. Je suis content que les maisons de couture changent leurs habitudes, après cette crise sanitaire. Cette situation nous a amené dans un monde digital. Nous étions déjà dedans mais nous n’avions pas conscience de son utilité dans la vie quotidienne. Le principe, dans la mode, a toujours été de présenter la collection lors d’un défilé, de faire des interviews ensuite. Aujourd’hui, nous pouvons travailler différemment, en regardant le défilé ou les différents looks sur internet tout en restant chez soi. Les gens sont mobilisés sur les réseaux sociaux. Nous sommes dans un monde digital, plus ouvert. Pour l’art et la haute-couture cela reste plus difficile. Il faut voir réellement.

– La mode est aujourd’hui touchée par la crise sanitaire, qu’elle est votre ressenti ? Défendez-vous aussi les matières durables ?

FR : J’ai toujours utilisé des matières naturelles. Pour ma première collection de prêt-à-porter, j’en suis à la recherche de tissus. Ma première préoccupation est de trouver des matières 100 % naturelles. Certaines marques populaires ne respectent pas encore ce choix essentiel pour la planète. Attendons-nous à un grand changement dans le monde pour les prochaines années. Il ne faut pas multiplier les achats de robes à dix ou quinze euros. Il est préférable d’avoir une robe, avec de belles matières, résistantes. Je vois un grand changement dans la mode, dans notre manière de consommer, pour protéger la nature.

Farhad Re

Haute-couture

Maroquinerie, chaussures

Farhad Re, boutique à Rome

Via Vittoria, 9, 00187 Roma RM, Italie

Farhad Re, Moyen-Orient

Farhad Re, boutique Paris

17 rue de Grenelle, 75007 Paris

http://www.frarhadre.it

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