Littérature

« Au delà des mers », premier roman de P. Galeron

« Au delà des mers », est une histoire qui tient en haleine, une véritable épopée, pleine d’action et de rebondissements où le merveilleux se mêle au vrai, le sublime au vulgaire. Entre mythe et réalité historique, on passe des affres de la survie aux intrigues des seigneurs, émus et captivés par des personnages intenses, dignes d’être peints, mais aussi pétris d’humanité dans leurs désirs et leurs faiblesses.

C’est aussi une invitation au voyage, une plongée passionnante dans la Méditerranée de l’an mille. Au-delà des paysages sauvages ou de la magnificence des palais, on y découvre la pluralité des mondes qui s’y rencontrent, chrétiens, païens, juifs, musulmans dans ce qu’ils ont de différent, mais aussi d’étonnament semblable à travers leurs cultures ou leurs religions. Et combien leur érudition et l’amour des livres les lient au même héritage antique.

On appréciera les ruses du narrateur qui écrit au présent et surtout à la première personne. Nous voilà précipités dans l’époque et la vie de son héroïne comme si nous y étions, mais aussi dans sa tête. C’est spontané, émouvant, parfois poignant. Et intime, sans fard, voire cru, d’une sensualité qui convoque tous les sens, dans un style fluide et poétique qui joue avec les mots, le rythme et les allusions littéraires.

Date de publication numérique 15 octobre 2021, version papier 30 novembre 2021.

Interview : P. Galeron

-Quand avez-vous décidé de vous lancer dans l’écriture d’un premier roman?


PG : Quand je me le suis autorisé ! L’écriture d’un roman, du moins un roman comme « Au-delà des mers », c’est exigeant, des heures et des heures de recherche et de travail sur le texte… au détriment d’activités plus sociales ou lucratives. Alors, on ronge son frein, hanté durant des années par des histoires que l’on s’est créées dans la tête. Et puis un jour, on dit : Stop ! Et on plonge.

– Une épopée, un récit à thème, quelles sont vos références ?


PG : En premier lieu, l’Odyssée, d’où le sous-titre de mon livre. C’est un texte fondateur et très inspirant. Contrairement à la plupart des héros d’épopées, Ulysse est un personnage profondément humain, dans ses aspirations comme dans ses défauts. Moderne, il a traversé les siècles sans une ride ! C’est aussi la référence profane de mon héroïne, Sirine, le récit avec lequel elle s’est construite.
Ensuite, il y a les poètes arabes du premier millénaire, parce que la langue arabe est indissociable de sa poésie. En Al-Andalûs, du prince au boutiquier, tout le monde fait des vers. C’est le pendant de l’Odyssée, puisqu’elle est essentielle à mon deuxième personnage, Kabîr, le truchement par lequel il s’autorise à exprimer ses émotions et sa sensibilité.
Mais « Au-delà des mers » contient bien d’autres références, en particulier la Bible et le Coran : difficile de ne pas les évoquer à une époque où le religieux prend le pas sur tout. Et puis, il y a des allusions, parfois des clins d’œil pour ceux qui les reconnaitront.

-Un personnage central touchant, comment avez-vous vécu avec ce personnage qui grandit au fil des pages?


PG : Comme Ulysse, Sirine est un personnage qui se raconte. Elle nous partage sans concession sa vie, ses épreuves, ses sentiments, ses faiblesses, on est dans sa peau. Et c’est ce qui la rend si émouvante, je crois. Toute l’intrigue repose sur son questionnement incessant d’enfant naufragée qui a tout oublié : « Qui suis-je ? » Ses lectures et son évêque vont lourdement influencer son interprétation des faits. Mais est-ce la réalité ? Kabîr, lui, réfute ses croyances, alors le récit aurait été tout autre si c’était lui qui l’avait raconté.
Plus personnellement, Sirine s’est imposée à moi comme une évidence. Mais c’est aussi un personnage vivant, libre : dans ma tête, j’imaginais parfois ceci, et pfuitt… sur le papier, c’était autre chose. Elle n’en est que plus authentique, non ? J’étais seulement là pour trouver les mots.

-La mer a toute son importance dans cette épopée. « Aujourd’hui encore, ils sillonnent les mers et plus encore jusqu’au levant. Au delà des mers ? On en rêve… » (p 158)
Est-elle vue aussi au sens de mère ? Qu’avez vous voulu montrer?


PG : Oui, dans ce roman, la mer est un personnage à part entière, personnifiée à travers le récit de Sirine pour qui, c’est une évidence, la mer est une mère, puisque, comme une naissance, ses premiers souvenirs ce sont les sensations de son petit corps d’enfant échoué sur la plage.  Elle se sent aussi en communion totale avec elle, jusqu’à la voir réagir à ses émotions les plus violentes.
Et la mer, est une mère dans bien des cas. Ici, la Méditerranée, comme son nom l’indique, est au cœur de toutes ces terres, de tous ces peuples qui se sont nourris grâce à elle, qui ont pu faire du commerce, construire des civilisations en la sillonnant, échanger arts et techniques en se rencontrant les uns les autres… quand ils ne se faisaient pas la guerre, bien sûr.
Au début, j’avais choisi pour titre Ultramarinus, le bleu outremer, en référence aux lapis-lazuli de Kabîr, aux yeux de Sirine. Mais, au fur et à mesure de l’écriture, je lui ai préféré la version française « Au-delà des mers », parce que ces quelques mots sont une invitation au voyage, à la rencontre de l’autre, de sa différence. Et une évocation de ce que vivent mes personnages et de ce qu’ils sont.

-Pensez-vous déjà à l’écriture d’un prochain roman?

‌PG : Bien sûr ! J’ai encore quelques histoires en réserve. Elles font la queue avec impatience pour sortir de ma tête, mais le problème est toujours le même : se donner le temps, en faire une priorité. Mais j’ai déjà choisi la suivante : une époque plus proche, d’autres lieux, d’autres mœurs, d’autres références… racontée par un homme. Il ne me reste plus qu’à plonger !

4ème de couverture :


« Quelle est cette enfant trouvée sur une plage de Camargue, miraculeusement épargnée par des naufrageurs ? D’où vient-elle ? En cette fin de millénaire, la condition de chacun est bien hasardeuse. Curieuse et tourmentée, je ne cesse pourtant de m’interroger, sur mes origines. Et ma nature.
Recueillie tour à tour par une femme redevenue sauvage, un moine au péril de ses vœux, l’un et l’autre n’ont pas hésité à tuer pour me protéger. Ou à me travestir en garçon pour me faire oblat. A l’abbaye, mon chant a vite ému les foules. Au point d’être confisquée par notre évêque si savant, si érudit « qu’il sut tout de suite ce que j’étais ». D’autres m’arracheront à lui.
Ce n’est qu’après avoir suscité le plus profond attachement, il semble que je sois devenue l’objet de toutes les convoitises. Et provoque les passions les plus violentes. Comme celle de ce Maure qui m’emmène captive sur son bateau, bien loin de ma Provence, au-delà des mers… vers son Al-Andalûs, aussi fascinant qu’effrayant. Ne suis-je pas désormais à lui ? »

« Au delà des mers »

P.Galeron

Date de publication numérique 15 octobre 2021, version papier 30 novembre 2021.

https://www.audeladesmers.fr/

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