Photographie

David Yarrow, photographie: « The Wild West »

La photographie est à la fois de l’art, de l’observation et une prise de risque. David Yarrow est avant tout un aventurier, un écologiste et un passionné de l’image. Photographie de genre, de l’environnemental avec des clichés d’animaux sauvages. Basé à Londres, il expose dans le monde entier et participe à de nombreuses œuvres caritatives. « The Wild West » est une nouvelle série, réalisée cet automne, au Wyoming et au Montana, avec les mannequins Cara Delevingne et Cindy Crawford. Il s’agit de scènes typiquement américaines.

Il commence par entrer dans le monde de la finance. Son attirance pour la photographie, le pousse à continuer vers cette voie pour ne faire ensuite que cela. L’environnement, la faune, les paysages sont une source d’inspiration. Sa technique photographique innovante produit des clichés modernes, uniques, pris avec la sensibilité et la force des plus grands photographes d’aujourd’hui. Le Grand Canyon, les routes, les voitures, les animaux sauvages, les femmes, les compositions photographiques entre monde sauvage et monde moderne, rendent son œuvre incontournable.

Dès ses débuts, David Yarrow immortalise la remise du trophée à Diego Maradona durant la Coupe du Monde au Mexique, pour le Times (1986).  

« Le loup de Wall Street » est un de ses clichés les plus célèbres. Son univers et son cadre se distinguent par leur ambiance et ses références cinématographiques.

Photographe affilié à l’African Conservation Charity Tusk Trust, il en soutient les programmes et les projets. Il fait aussi partie de la Fondation de Kevin Richardson, pour la protection des lions. Ambassadeur pour Wild Ark (organisation qui a pour mission de protéger les espèces et les écosystèmes), il est aussi ambassadeur européen pour Nikon.

 David Yarrow s’implique dans différentes causes. Il a récemment soutenu « Art For Heroes », l’exposition virtuelle mise en place par la Maddox Gallery, à Londres,  en publiant une de ses images « Our Pride ». Tous les profits seront reversés à Eros, fondée par les infirmières et les médecins du NHS en première ligne dans la lutte contre la pandémie Covid-19 (avril 2020).

©David Yarrow, photography

Interview : David Yarrow

-En quoi la photographie vous a-t-elle attiré ?

DY : C’était vraiment simple – Photographier était une façon d’être présent à autant d’événements sportifs que possible et même d’être payé pour être là. J’adorais le sport, lorsque j’étais adolescent et la photographie m’a donné une bonne raison pour justifier cette dépendance. À 15 ans, j’étais très moyen, mais j’ai appris et appris.

– Comment êtes-vous entré dans ce domaine ?

DY : Je n’étais pas assez doué pour le sport le considérer comme une profession possible. J’ai apprécié les sensations de frissons ressenties lors d’un spectacle, la foule, le partage de la même passion. En Écosse, il était assez facile d’obtenir une accréditation en tant que photographe, même à 18 ans. J’ai progressé. Le Celtic et les Rangers étaient de grands clubs. Ils ont joué devant 60 000 personnes. Être sur le terrain était un immense plaisir.

-Photographie environnementale, d’art, d’animaux sauvages, de paysages, comment ces genres photographiques sont-ils devenus une évidence ? Quelles sont vos motivations ?

DY : Cela pourrait être un long essai, mais j’ai beaucoup appris en 40 ans avec un appareil photo. Je sais ce qui se vend et ce qui ne se vend pas. Je ne suis qu’un photographe, je ne suis pas un photographe animalier. Je souhaite avoir des choses intéressantes devant la caméra. Le premier filtre est l’authenticité, le second est la commercialisation. Il ne sert à rien d’être créatif si cela ne se vend pas. Je pense beaucoup à mon public, pas à moi. Tout le monde est photographe. Alors, mettons la barre très haut.

©David Yarrow photography, The old testament

-Vous avez réalisé de nombreuses expositions et couvert des évènements exceptionnels comme la Coupe du Monde au Mexique. Quel est votre souvenir le plus marquant ?

DY : Mon souvenir le plus marquant est probablement encore la finale de la Coupe du Monde en 1986. J’avais juste 20 ans et j’étais prêt à conquérir le monde. Être sur le terrain était électrisant. Et je suis rentré à la maison avec une photo très spéciale de Maradona. Ce moment est inoubliable. Cependant, mes meilleures images sont également devant moi. Il s’agit de demain, pas d’hier.

©David Yarrow photography, Maradonna

-Reconnu pour vos photos impressionnantes d’animaux sauvages, comment avez-vous vécu ces moments inoubliables ? Quelle est votre technique ?

DY : C’est une combinaison de recherches, d’expériences et de nombreux échecs. Le succès ne vient généralement que d’un échec. En vous trompant, vous apprenez à bien faire les choses. Il est important de trouver des moyens de se rapprocher du sujet et cela est différent pour chaque animal. C’est un travail d’équipe, pas seulement le mien, et nous comptons sur des spécialistes sur le terrain. L’énigme de la proximité est une préoccupation constante de l’équipe.

-Dans cette période difficile de crise sanitaire, travaillez-vous sur de nouveaux projets ?

DY : « The Wild West » – qui sera publié par Rizzoli à New York – sera l’anthologie personnelle de ma vie sur la dernière ligne droite. Je souhaite rendre hommage à l’une des plus grandes histoires jamais racontées. Nous avons entrepris ce projet, conscients des dangers d’être trop conventionnels et de tomber dans le piège d’être fades. Nous devons innover et clore avec quelque chose qui transcende au niveau visuel. On ne manque pas d’idées. Au début de l’année 2021, nous avons commencé à travailler sur des projets dans l’Utah, le Wyoming, le Montana et le Colorado. Le travail en plein air permet  d’avoir un récit différent, combinant le pittoresque avec des archétypes de western. La majesté et la grandeur des paysages de l’Ouest américain ont été bien documentées, nous avons donc dû aller plus loin et traiter cette topographie unique avec des histoires. Les images sélectionnées doivent vivre, produire le même effet que le cinéma.

©David Yarrow photography, The Snow Patrol

Une grande partie de mon inspiration vient des peintures du Far West. Par leur définition, elles sont composées selon le choix de l’artiste. Il n’y a pas de déséquilibre de composition car l’artiste est aux commandes. C’est ainsi que nous avons travaillé. Les cadres sont picturaux. Les clichés intérieurs des anciens saloons sont particulièrement soignés et l’équipe de production a porté une attention particulière aux détails. Les gros plans composés comportaient des hors-la-loi, des filles de saloon, des chercheurs d’or, des grizzly, des cow-boys capitalistes, des vendeurs d’huile de serpent, des joueurs et des amérindiens. Les photographies ludiques font systématiquement référence au cinéma, aux traditions de l’Ouest américain. Nous avons commencé à travailler sur ce sujet il y a deux ans, au Montana, avec Cindy Crawford et notre travail a continué d’évoluer et de mûrir. Il n’y a pas de complaisance, mais je pense que nous maîtrisons maintenant très bien le format. J’ai joué un petit peu avec les personnages dans chaque photo et je ne suggère pas qu’il s’agisse de la vie réelle dans l’Ouest de 1870. Il y a un élément caricatural délibéré dans de nombreuses images finales. Nous avions utilisé des loups dans les bars régulièrement dans le passé, mais nous avons maintenant légèrement élargi notre champ de vision. Nous sommes cependant en 2021 et nous nous sommes assurés de ne pas tomber sous le coup des militants pour les animaux. Il n’y aura pas d’ours dans le bar. Les saloons des montagnes du Colorado ont été sélectionnés par rapport à leur décor, et par rapport à la lumière intérieure du jour, à la facilité de transport et à la coopération positive de leurs propriétaires.

Comme Tarantino nous l’a dit, le genre western est complété par la neige et une sensation de froid. C’est pourquoi nous avons travaillé en début d’année. Une tempête de neige a été pour nous une parfaite opportunité.

Alors que je suis un romantique, nous voulons raconter des histoires qui nous rappellent « the push west » (la poussée vers l’ouest) qui a été un voyage éprouvant qui s’est déroulé dans des conditions difficiles avec des frontières souvent mal protégées.

©David Yarrow photography, Bonnie

©David Yarrow photography/ Mankind/ The Unusual suspects/ South by south West

David Yarrow

« The Wild West »

Exposition au Hilton de Chicago/ Asmus Contemporary jusqu’en juin 2021

A.Galerie Paris

4 rue Léonce Reynaud, 75016 Paris

https://a-galerie.fr

Livres photographiques : « Nowhere » (Clearview 2007), « Encounter » (Clearview, 2013), « Wild Encounters » (Rizzoli, 2016), David Yarrow (Rizzoli, 2019).

www.davidyarrow.photography

www.artforheroes.co.uk

https://www.instagram.com/lionwhisperersa/

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