Culture Musique Photographie

« Le bleu du ciel », mariage artistique de la photographie et de la musique par Edourd Taufenbach et Régis Campo, lauréats de la 4ème édition du Prix Swiss Life à 4 mains

Le Prix Swiss Life à 4 mains, créé en 2014, soutient la création et propose un accompagnement artistique. Edouard Taufenbach, photographe, et Régis Campo, compositeur, sont les deux artistes lauréats du prix 2020/2021. Ils présenteront leur projet commun dans différents lieux et événements artistiques, à la rentrée prochaine.

Ce prix permet d’utiliser les deux médiums, musique et photographie. La carte blanche est réalisée dans une totale liberté de création.

Edouard Taufenbach performe dans plusieurs domaines dont la photographie, le cinéma et l’art contemporain. Son projet est un travail de collage, d’images dans le miroir et de vignettes sonores.

La photographie d’Edouard est un travail mûri, avant d’avoir été exposé dans différentes galeries de New York. A Rome, il a été résident de la Villa Médicis, en 2019. Tous deux ont un parcours artistique riche et développent la même sensibilité, la même approche de l’art.

Régis Campo est un musicien émérite, membre de l’Académie des beaux-arts, qui a remporté le grand prix des compositeurs. Il se démarque de la musique contemporaine par sa musique qualifiée de colorée. Il est un compositeur d’images.

« Le bleu du ciel » est le titre choisi pour ce projet artistique. Il s’agit d’un voyage inspiré du vol des hirondelles. Lors de l’observation d’un vol d’hirondelles, Edouard a été touché par la musique de leur vol, gracieux et lumineux. Tout son travail est en lien avec la notion de mouvement et de rythme.

Pour Régis, les hirondelles sont des envolées lyriques. A notre époque assez dure pour la culture et l’art, où l’avenir est incertain, nous créons encore des choses fortes. Les hirondelles sont synonymes de liberté. Les mouvements d’hirondelles sont très beaux, comme des ballets. Ils forment des boucles rythmiques qui dansent.

Une étroite collaboration s’établit entre le musicien et le photographe. Un premier travail solitaire est nécessaire. Pour la photographie, la première étape est l’exploration extérieure, la lumière.

Pour la musique, Régis est parti d’images. Une correspondance se crée alors. Le travail de l’un enrichi le travail de l’autre. La musique va être enregistrée fin juin.

Un livre d’artiste sera édité à la rentrée, aux éditions Filigranes.

Différentes expositions auront lieu à partir de septembre 2020, dont le premier rendez-vous sera leur présentation du projet au salon « Approche », pour se poursuivre avec Paris Photo, en novembre prochain. ( signature de livre)

Pour chaque exposition, la présentation du projet sera annoncée parallèlement selon le lieu.

@Edouard Taufenbach, par Riccardo Olerhead @Régis Campo, par Quentin Lazzarotto

 

Interview: Régis Campo et Edouard Taufenbach

-Quand avez-vous décidé de participer au Prix Swiss Life ? Connaissiez-vous la Fondation ?

RC : Je connaissais effectivement la prestigieuse Fondation Swiss Life. Auparavant, j’ai découvert le travail d’Edouard Taufenbach, sur les réseaux sociaux. Nous avons eu l’idée de nous rencontrer car il aimait beaucoup ma musique. Nous avons trouvé des passions communes, notamment pour le cinéma. Nous avions alors très vite évoqué Kubrick et autres réalisateurs où la photographie et la musique sont d’une grande importance. Olivier Messiaen que nous apprécions tous les deux, est un grand compositeur français qui adorait écrire en s’inspirant du chant des oiseaux. Edouard, qui avait déjà ce projet en tête, m’a ainsi proposé de concourir avec lui à ce prix Swiss Life. « Ombra felice », un de mes albums, composé de mes quatuors à cordes, l’avait fortement influencé il y a dix ans. Cet album comme mon œuvre récente « Une solitude de l’espace » ont été notre base de travail pour notre collaboration. Toutes ces références nous ont donné une belle impulsion pour proposer un projet commun. Il se concrétisera par un livre-disque très original et plusieurs expositions-performance dans toute la France.

ET : J’ai imaginé le projet un an auparavant, avant de présenter le dossier à la Fondation Swiss Life. Quand les candidatures ont été ouvertes, j’ai vu l’opportunité de changer ce projet, de prendre une direction différente et de travailler avec un musicien. J’ai beaucoup écouté la musique de Régis Campo et je l’ai contacté pour lui proposer de présenter le prix avec moi. Quelque chose me semblait possible dans ce projet, notamment dans cette association musique, photographie.

-Lorsque vous avez été nommé Lauréats du Prix, qu’elle a été votre première réaction ?

RC : J’ai été surpris d’avoir été choisi par un jury composé de personnalités prestigieuses du monde de la musique et de la photographie. Aujourd’hui, ce prix compte beaucoup pour les jeunes artistes.

Notre projet sur les hirondelles à beaucoup de résonances avec ce que nous avons tous vécu lors du confinement et maintenant hors confinement. Ces hirondelles migrantes continuent leurs envolées harmonieuses, elles sont libres et ne se font jamais la guerre. Elles ne ressemblent évidemment pas aux terribles oiseaux d’Hitchcock.

ET : Pour présenter le prix, il fallait proposer un projet assez défini. Le projet s’est ensuite réalisé différemment avec cette longue période de confinement du à la crise sanitaire. J’ai travaillé sur le projet depuis la Villa Médicis où j’étais en résidence.

-Respectivement, dans vos différents domaines, la musique et la photographie, comment avez-vous abordé ce travail en commun ? Comment se déroulent vos moments de collaboration?

RC : J’ai pensé utiliser une trame sonore très proche de l’orchestre à cordes, avec la présence notamment d’un violon soliste. Par ses timbres et par les mouvements de l’archet, le violon me fait souvent penser à un oiseau, plus que la flûte en réalité. J’ai songé aussi à des voix : une mezzo soprano et un contre-ténor avec une coloration très pop. Certains albums de Björk m’ont beaucoup influencé, dont « Vespertine » et « Vulnicura » qui utilisent de manière assez magique des instruments à cordes. Pour ajouter quelque chose de très stylé, j’ai pris des mots islandais comme « blàr » (bleu), « ast » (amour) ou encore « kyngja » (hirondelle) avec d’autres mots en anglais.

Ma collaboration avec Edouard Taufenbach s’est passée à distance durant le confinement dans une totale liberté. J’aime bousculer les codes de la musique contemporaine d’aujourd’hui. Mêler culture savante et culture populaire comme avec mes œuvres récentes « Street-Art », mon septième quatuor à cordes « Borderline Activity » ou encore mon « Dancefloor With Pulsing » pour thérémine et grand orchestre qui a rencontré un grand succès. 

ET : Nous avons travaillé à distante avec Régis. Nous nous sommes rendu compte que les projets évoluent ; prendre des photos des vols d’hirondelles et de les observer a eu un impact.

Il y a eu plusieurs étapes dont la plus importante est la rencontre de Régis. Je connaissais déjà son travail, son œuvre musicale. Nous avons évoqué nos passions, nos goûts et nous avons trouvé des points communs. Notre travail a pris une forme très épistolaire. J’ai envoyé régulièrement mes photographies à Régis pour qu’il puisse travailler la composition de sa musique. Une fois que l’œuvre sera composée, une deuxième étape est prévue pendant laquelle je produirai une œuvre vidéo à partir de cette musique. Ce sera comme un retour d’ascenseur.

-« Le bleu du ciel », titre évocateur qui définit un vol d’hirondelles : quelle a été votre inspiration ? Comment avez-vous associé le vol d’hirondelles et la partition musicale ?

RC : Les points que forment les hirondelles dans le ciel m’ont fait penser à des notes de musique sur une portée. J’aime trouver une alchimie entre ces photographies d’hirondelles et ma propre musique.

Ces vols d’hirondelles m’évoquent de petites mélodies qui tournent en boucle. Ils me font penser à des ballets musicaux ! Je rends aussi hommage au courant minimaliste de la musique d’aujourd’hui, notamment aux musiques répétitives américaines. J’aimerais que ce projet entre musique et photographie soit rempli de grâce et de lyrisme. Je veux échapper à cette époque suffocante et toxique que nous vivons actuellement en y échappant et en rêvant à une musique aérienne, extrêmement simple et ouverte !

ET : « Le bleu du ciel » définit bien le vol des hirondelles qui volent dans le ciel. En les prenant en photo, j’ai photographié avant tout le ciel. La grande partie du montage au final serait une vue du ciel. Ce titre est aussi une façon détournée de ne pas nommer l’oiseau. Ce sont moins des hirondelles que l’on voit qu’un vol d’hirondelles.

Avec Régis, nous avons présenté un dossier autour de l’écriture, dans le sens où son travail est d’écrire la musique, avec des notations et son propre alphabet. La musique est donc écrite. Lorsque j’ai présenté ce projet au jury, j’avais dessiné des schémas d’hirondelles dans lesquels j’ai noté leur mouvement spécifique, les rythmes que je ressentais. Ce travail de notations de schémas, sera présenté aussi dans le cadre du prix. Cette partie intermédiaire est très importante pour comprendre la vivacité de ce vol et pour réaliser des photomontages de tout un ensemble de photographies. Nous sommes donc passés par l’écriture, chacun dans notre cadre, visuel et musical.

 

Un livre d’artiste, publié aux éditions Filigranes, sera présenté en même temps que le prix. Il comprend musique et photographie. Il a une vraie dimension d’objet. Le livre est une œuvre indépendante, en plus du projet.

Le Bleu du Ciel - Partition _ sch├®ma de vol 1 (c) Edouard Taufenbach
@Le Bleu du Ciel – Partition _ schéma de vol 1 (c) Edouard Taufenbach

 

« Le bleu du ciel »

Photographie et musique

Edouard Taufenbach et Régis Campo

4ème édition du Prix Swiss Life à 4 mains

 

-Du 13 au 15 Novembre 2020 : révélation de l’œuvre au salon Approche, sortie de l’édition photographie et

musique et dédicace de l’ouvrage pendant Paris Photo

– Du 9 au 23 Décembre 2020 : exposition à la galerie Thierry Bigaignon

– Du 2 mars au 31 mai 2021 : exposition au Musée de la Piscine à Roubaix

– Du 9 au 30 septembre 2021 : exposition à Arrêt sur image, galerie à Bordeaux

Edouard Taufenbach

http://edouardtaufenbach.com

http://www.instagram.com/edouardtaufenbach
http://edouardtaufenbach.tumblr.com
http://vimeo.com/user27076611/videos
http://twitter.com/eesataufenbach

Régis Campo

« Une Solitude de l’espace »
https://www.youtube.com/watch?v=TJ4UB9fdXAY


« Dancefloor With Pulsing » (avec déjà plus de 103000 vues sur YouTube!)
https://www.youtube.com/watch?v=5b3XkCi3jsQ

Chaîne YouTube de Régis Campo
Installation de Régis Campo sous la Coupole le 3 avril 2019 à l’Académie des beaux-arts
https://www.youtube.com/watch?v=dUjWDyNhYRA&

L’émission « A Contrario »  avec Régis Campo et Éric Tanguy

Un blog sur l’actualité du compositeur Régis Campo

 

 

Emission présentée par Sophie Bernard, rencontre et discussion, Edouard Taufenbach et Régis Campo sur Youtube

Facebook, Instagram

 

http://www.swisslife.fr/Fondation

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