« Jamais vu », une exposition hommage à Jacques Rouby, à la galerie La Ralentie

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Jacques Rouby, artiste singulier, disparu il y a quelques mois, a conçu des œuvres multiformes, gravé le carton, l’a travaillé avec des tonalités différentes. Ses créations ont la particularité d’être faites d’œuvres détruites. La galerie La Ralentie lui rend hommage en lui consacrant, du 10 mai au 15 juin 2019, une exposition intitulée « Jamais vu ».

La galerie est située dans le 11ème arrondissement de Paris. Dirigée depuis quelques années par Isabelle Floch, elle accueille des œuvres d’artistes résidents choisis pour leur particularité, leur force, leur vision du monde actuel à travers les œuvres d’art.

Jacques Rouby, originaire de Souillac, commence par le dessin avant de se lancer dans la peinture. Situé entre le figuratif et l’abstrait, il recherche des formes et crée de véritables expériences. Attaché au devenir de ses œuvres, il se plait à les déconstruire.  Le papier reste son support principal, il a utilisé aussi  des acétates et des cartons qui sont devenus des cartons sculptés. Il travaille au fusain et à l’acrylique. Ses œuvres ont été exposées à l’Abbaye de Baulieu, sous la direction de Geneviève Bonnefoi. Après une grave inondation, un tiers de son œuvre a été perdu. Cet événement a marqué son histoire.

Aujourd’hui, la galerie La Ralentie met son œuvre à l’honneur, en exposant les cartons sculptés, les dessins, les pièces majeures de sa collection.

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@Carton peint sculpté, Jacques Rouby

 

Interview d’Isabelle Floch, directrice de la galerie :

– Fondatrice de la galerie La Ralentie, que souhaitez-vous mettre en avant et que défendez-vous ? Comment faites-vous le choix des artistes présentés à la galerie ? Votre engagement vis-à-vis de l’art ?

IF : J’ai longtemps défendu une certaine qualité artistique. J’ai défendu de nombreux jeunes artistes qui exposaient pour la première fois, pendant quelques années, en conservant toujours mon cercle d’artistes privilégiés. Je me suis recentrée sur les artistes focus de la galerie : Jo  Vargas, Pierre Cambon, Robin Golding, Suzanne Maers, Jacques Rouby.

Ainsi, je représente Jacques Rouby, depuis 2012. Son œuvre est complète et importante en terme artistique. J’ai pu rencontrer l’artiste, il y a quelques années. Il m’a convaincue d’exposer son travail. Cet artiste a été découvert par Geneviève Bonnefoi, qui a fondé l’Abbaye de Baulieu, où de nombreuses expositions ont eu lieu, avant de connaître une importante inondation qui a emporté de nombreuses œuvres de l’artiste. J’ai donc pris le relais.

 

– Jacques Rouby était un artiste singulier qui a réalisé des peintures, des œuvres en carton, des dessins…des œuvres protéiformes. Pourquoi avez-vous fait le choix de l’exposer depuis 2012, de façon permanente à la galerie ?

IF : Dès le départ, j’ai eu un coup de cœur pour ses œuvres. Ses pièces maîtresses sont les cartons sculptés, les feuilles d’acétates qu’il a travaillés à l’acrylique ou au fusain. Le dessin est le troisième volet de son œuvre.

Jacques Rouby est un artiste auquel je me suis attachée car son œuvre est entière. Elle pourrait entrer au patrimoine.

Jacques est mort il y a quelques mois. Il a toujours cherché à être accueilli. Si l’œuvre n’avait pas été acceptée, Jacques l’aurait détruite. Artiste singulier, il avait un rapport singulier à sa propre création,  partagé entre lui et son œuvre, – vivre ou mourir – et espérait passer à la vie réelle en confiant son travail.  « Elle m’a tué »…qui de lui ou de son œuvre doit disparaître ?. Dans un mouvement perpétuel de vie et de mort, il pouvait détruire des œuvres pour en faire d’autres. La galerie l’a mis à l’honneur. Il a été reconnu. Cette exposition est faite pour montrer son œuvre riche qui a un devenir fragile et incertain. En 2015, ici même, nous exposions « L’œuvre sauve », dans le sens aussi où elle est saine et sauve. Ce mouvement de balancier est permanent. Même après sa mort, l’artiste a rendu difficiles les conditions de protection de son œuvre.

 

– Quelle est pour vous la pièce majeure de son œuvre ?

IF : Les œuvres en carton sculpté sont les œuvres majeures car elles sont les plus mystérieuses et les plus fortes. Le potentiel de mystère d’une œuvre, ce qu’elle est capable de générer d’imaginaire, dans le sens où on n’en fait jamais le tour, est ce qui détermine fondamentalement mes choix artistiques à la galerie. Elles comprennent des œuvres détruites qu’il a photographiées et intégrées. Il y a des œuvres au fusain sublimes que Jacques Rouby a détruites pour composer les cartons sculptés. A la manière des palimpsestes, Jacques créait en agglomérant entre elles des œuvres détruites, pour en faire de nouvelles, chaque œuvre gardant en elles des dessins ou peintures cryptées. L’artiste était inspiré par la nature, par les paréidolies, l’art de lire dans les nuages.  Il est le seul a avoir utilisé ce matériau, un support trivial qu’il a su rendre sublime.  

« Jamais vu »

Jacques Rouby

Galerie La Ralentie

22/24 rue de la Fontaine au Roi, 75011 Paris

Ouverte du jeudi au samedi, de 14h à 19h

Du vendredi 10 mai au samedi 15 juin 2019

Vernissage jeudi 9 mai 2019

 

http://www.galerielaralentie.com

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@carton sculpté, Jacques Rouby

 

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Catégories :Culture, peinture

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