
Chanteuse et poétesse franco-libanaise, Abyr dévoile son premier album éponyme, « Abyr », à paraître le 7 novembre 2025. Une œuvre sensible, située entre musique du monde et chanson française, où l’artiste explore l’exil, le déracinement et les traces laissées par l’histoire familiale. Chaque titre porte un fragment de vie, un souvenir, une émotion. L’album sera présenté sur scène le 15 novembre au Petit Ivry Cabaret, avant une tournée qui s’étendra jusqu’en 2026.
Pour Abyr, la musique est d’abord un exutoire. Ses origines et son parcours l’ont amenée à aborder des thèmes intimes et parfois douloureux, qu’elle transforme en matière poétique. Si l’album porte son nom, c’est parce qu’il reflète ce qu’elle assume désormais pleinement : une parole personnelle, ancrée dans son identité et son histoire.
Composé par le guitariste Sebka, compagnon de création depuis plusieurs années, « Abyr » est le résultat d’un travail collectif où chaque intervenant occupe une place essentielle. Les arrangements, confiés à Antoine Rault, révèlent un univers volontairement épuré, fondé sur la voix, la guitare et la contrebasse. Une esthétique inspirée par certaines sonorités du Proche-Orient, notamment celles du musicien libanais Marcel Khalifé.

Interview : Abyr
– Vous souvenez-vous de vos débuts dans la musique ?
A : J’ai commencé de manière non professionnelle, à l’Atelier du chant, où j’ai pris mes premiers cours. Puis j’ai participé à des scènes, à des comédies musicales et à des reprises de chansons françaises et internationales. Raymonde Vinet a été ma professeure de chant pendant un temps.
En 2018, j’ai rejoint les ateliers d’écriture de Claude Lemesle. J’écrivais de la poésie depuis longtemps, mais pas encore des chansons. C’est là que j’ai rencontré mon compositeur, Sebka. Depuis, nous avons signé de nombreuses chansons, dont l’EP « La femme au bouclier » en 2022.
– Comment est né l’album « Abyr » ?
A : Après l’EP, l’envie d’un album s’est imposée. Je me suis rendue compte que je revenais toujours à l’exil, aux migrants, aux racines. En 2023, j’ai commencé à sélectionner les titres et à réfléchir à l’orientation musicale.
C’est Mathilde Vrech, violoniste, qui m’a présenté l’arrangeur Antoine Rault. En redécouvrant la musique de Marcel Khalifé, j’ai eu l’idée d’un album très épuré, centré sur la voix, la guitare et la contrebasse. « Je suis ton voisin » a été le titre test, et il a confirmé notre direction.
Mathilde Vrech joue du violon, alto et fait quelques choeurs sur l’album. François Fuchsia joue de la contrebasse; Nicolas David a assuré le mastering et Dominique Ledudal le mixage. Je suis heureuse d’avoir été entourée de personnes qui ont immédiatement compris le projet.
– Votre album porte votre nom. Que souhaitez-vous transmettre ?
A : J’ai longtemps cherché un titre. Je voulais éviter de réduire l’album à une seule idée. Comme plusieurs chansons sont autobiographiques, mon nom m’a paru évident : il embrasse l’ensemble, il assume l’intime. Cet album m’a aidée à aborder des sujets essentiels pour moi, comme le fait de vivre loin du Liban.
Des chansons comme « Je cherche l’enfance » ou « Avancer » parlent de transmission, de combat, de résilience. Dans « Avancer », je décris le migrant comme un battant, pas seulement comme une figure tragique. Dans « Je cherche l’enfance », j’évoque ce que mes parents m’ont appris : ne pas oublier d’où l’on vient. Cette chanson est très intime, et j’ai mis du temps à accepter qu’elle devienne publique. Finalement, elle s’adresse à tous les enfants de l’exil.
D’autres titres sont liés à mes souvenirs familiaux, comme « Émilie ma poupée », inspirée d’un objet précieux, une poupée qu’une de mes tantes m’avait donné, perdue aujourd’hui, ou « Al Hamdoulillah », expression que ma mère utilisait souvent. Le titre « À ceux qui restent » évoque la famille restée au Liban et les difficultés vécues là-bas. Chaque chanson raconte une histoire vraie, vécue ou transmise.
– Quels sont vos projets pour la suite ?
A : La priorité est de défendre l’album sur scène. Nous serons en concert le 15 novembre 2025 à Ivry, puis en tournée avec plusieurs dates en 2025 et 2026.
Je réfléchis déjà à mon prochain projet, peut-être un album en duo avec Sebka. Le thème sera différent : probablement l’amour, ou quelque chose de plus social. J’ai envie d’aborder d’autres aspects de la vie qui me touchent.
« Abyr »
Abyr
Sortie le 7 novembre 2025
Tournée :
- 27/09/2025 – La Ferté-Vidame (28) – Aux Lapins Bleus / Co-plateau avec Sebka
- 04/10/2025 – Saint-Just-en-Chevalet (42) – Le Sténopé Aquatique
- 15/11/2025 – Ivry-sur-Seine – Release party au Petit Ivry Cabaret / 1ère partie : Oaio
- 23/11/2025 – Châtenay-Malabry – Concert privé
- 29/11/2025 – Marnay-sur-Seine (10) – L’Expressoir / Co-plateau avec Sebka
- 30/11/2025 – Troyes (10) – L’Expression Libre
- 07/03/2026 – Carolles (50) – L’Almarita / Co-plateau avec Sebka
- 13/03/2026 – Tournon-sur-Rhône (07) – Le Point Commun / Co-plateau avec Sebka
- 21/03/2026 – Tullins (38) – L’Épicentre / Co-plateau avec Sebka
- 22/03/2026 – Tain-l’Hermitage (26) – La Caval’Arte

